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Seine-Escaut : un fleuve, deux régions, trois pays
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Seine-Escaut : un fleuve, deux régions, trois pays

Julie De Schampheleer et Mieke Bex14 juin 2024

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L'Escaut fait peu de cas de la frontière linguistique entre la Wallonie et la Flandre. Des deux côtés, dans le cadre du programme européen Seine-Escaut, on travaille d'arrache-pied à l'adaptation au changement climatique, à la gestion de l'eau et au transport fluvial. Et on communique donc beaucoup à ce sujet. Dans quelle mesure les approches diffèrent-elles ?

Le programme Seine-Escaut, c’est quoi ?

Le réseau Seine-Escaut est un vaste programme de développement du réseau fluvial européen. Il s'étend sur 1 100 kilomètres de voies navigables en Belgique et dans le nord de la France. Ce programme ambitieux vise à relever les défis liés à l'adaptation au changement climatique, à la modernisation des voies navigables et à la promotion du transport fluvial. Il est financé par des fonds européens provenant du réseau RTE-T.

Qui est à la manœuvre ?

En Wallonie, le SPW Mobilité et Infrastructures est en charge du projet. Basé à Namur, il emploie 4 000 personnes. En Flandre, c’est De Vlaamse Waterweg nv qui travaille sur le projet Seine-Escaut. Elle compte 1 300 collaborateurs et son siège social est situé à Hasselt. Ensemble, ces deux entités régionales sont responsables de la communication autour du programme en Belgique.

Que se passe-t-il en Wallonie ?

Cela avance à grands pas. De nouveaux quais et écluses sont en cours de construction tandis que les goulets d'étranglement ont été éliminés à hauteur de Tournai. Tout cela dans l'optique de stimuler le transfert modal. « Le défi consiste à faire prendre conscience aux entreprises des avantages qu’elles peuvent tirer du transport par voie fluviale », explique Pascal Moens, directeur de la Direction du Transport et de l'Intermodalité des marchandises. Une communication intensive donc.

Et en Flandre ?

Là où « de Schelde » prend soudainement le relais de l'Escaut, il s’en passe aussi beaucoup. Comme chez les confrères wallons, la sensibilisation joue un rôle majeur. Ain de donner un coup de pouce au modal shift, la Lys sera par exemple élargie et approfondie d'ici 2027. Elle pourra ainsi accueillir des bateaux de transport de marchandises plus grands. Et chaque bateau supplémentaire signifie 150 à 220 camions en moins sur les routes. Dans sa communication, De Vlaamse Waterweg nv met pleinement en avant les atouts de la navigation intérieure.

À la recherche de win-wins

Les travaux sur la voie navigable sont autant d’opportunités pour relever d'autres défis dans la foulée. À Tournai, par exemple, l'emblématique Pont des Trous a été restauré et le tourisme a reçu un coup de pouce depuis que les bateaux de plaisance peuvent désormais accoster sur les nouveaux quais à proximité. À Courtrai, cela a favorisé le réaménagement urbain et permis de rénover les écluses historiques. Et à Wielsbeke, les méandres de la rivière et les berges respectueuses de la nature ont été restaurés. De véritables situations wins-wins qui renforcent également l’adhésion de la population. Car, après tout, il est vrai que le programme Seine-Escaut est tout de même un peu éloigné de leurs préoccupations quotidiennes.

Qu’en est-il de la communication ?

Même pour un projet sur une voie navigable, des expropriations sont parfois nécessaires et des nuisances existent, tant pour les riverains que, bien sûr, pour les bateliers.

Tant le SPW Infrastructures que De Vlaamse Waterweg nv communiquent par le biais de vidéos, de séances d'information, de toutes-boîtes et des réseaux sociaux. Les deux organismes misent sur une bonne collaboration avec leurs parties prenantes. « Dans la mesure du possible, nous nous asseyons à la table pour discuter avec les parties prenantes de l’environnement du projet pour prendre en compte leurs idées. C'est ce que nous faisons, par exemple, pour l'aménagement d'espaces verts et de zones de repos ou pour les plantations réalisées par les écoles. Et, à Harelbeke, les riverains ont participé à la réflexion sur un nouveau nom pour le pont Bloemmolenbrug, ce qui était particulièrement important pour les cyclistes et les promeneurs », explique Liliane Stinissen, porte-parole de De Vlaamse Waterweg nv.

Pour aller plus loin :
seine-scheldt.eu
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