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Gentspoort : « Que faire de cette vieille rame de tram ? »
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Gentspoort : « Que faire de cette vieille rame de tram ? »

Wouter Toelen et Iris Knevels10 décembre 2024

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Cette question a été posée à l'équipe du projet Gentspoort, chargée d'étudier la construction, entre autres, de dix kilomètres de lignes de tramway supplémentaires au cœur de Gand. C’est finalement devenu le point de départ d'une aventure folle. Nous en avons discuté avec le chef de projet Frank Vanden Bulcke et l'artiste Alice Martha.

« Nous voulions mettre notre projet sous les feux des projecteurs », explique Frank Vanden Bulcke. Au moment où le projet Gentspoort était sur le point d’être lancé au grand public, l’équipe projet s’affairait à l’élaboration du plan de communication. « La société de transport en communs flamande De Lijn, l’un des partenaires du projet Gentspoort, était en train de renouveler son parc de tramways. Tout à coup, tout s’est mis en place. Un ancien tramway pourrait être aménagé en point d’information où les Gantois pourraient se rendre pour poser leurs questions sur le projet. Compte tenu de l’inaccessibilité du tram, l’idée du point d’information a finalement été abandonnée, mais le concept du tram est resté. C’est ainsi qu’est née l’idée de dévoiler le tram Gentspoort lors du lancement du projet et de l’utiliser par la suite comme support de communication à déplacer le long du tracé au cours des prochaines années. C’était le point clé de nos moyens de communication. »

Un tram ne se déplace pas tout seul

Un tram comme support de communication, c'est un véritable défi. Frank explique : « Essayez donc de déplacer un vieux tram vers un autre endroit dépourvu de voies de tram. En concertation avec l’asbl META, nous avons élaboré un plan de déménagement complet qui nous a obligés à faire appel à un grand semi-remorque. Nous avons même dû utiliser des rails mobiles pour amener le tram du semi-remorque à l’endroit voulu. Un véritable tour de force. »

Le rêve devient réalité. Ou un cauchemar ?

Deux jours avant le lancement, le tram a été mis en place. L’équipe du projet l’a entouré de barrières pour le dissimuler à la vue des passants. Pendant deux nuits, il ne s’est rien passé. Le lancement du projet, avec le dévoilement du tram sur la Stapelplein, a pu se dérouler comme prévu. Mais l’euphorie du lancement s’est complètement dissipée dès le lendemain lorsque le tram de la Gentspoort a été tagué.

« Le besoin d’un nouvel endroit pour le graffiti dans ce quartier de Gand était criant », commente Frank. « En effet, dans les jours qui ont suivi le lancement, le tram a été tagué et repeint à plusieurs reprises. Il attirait désormais tous les regards, mais pas comme nous le souhaitions. »

Embrasser l'environnement

Que faire ensuite ? Plusieurs options étaient sur la table : restaurer le tram dans son état d'origine, le transformer en zone de graffitis agréée pour les artistes en formation, ou en faire quelque chose de complétement innovant. C'est finalement cette dernière piste qui a été retenue. Frank explique : « Si les artistes voyaient le tram comme un support pour exprimer leur art, nous avons embrassé cette idée et offert le tram à l'art. »

« L’une de nos ambitions est de créer une ville sûre et inclusive. Nous voulons que tout le monde se sente chez soi à Gand. C’est pourquoi j’ai proposé notre tram pour le projet « Walls To Remember » de l’asbl Amazone. Un projet qui contribue à l’action « De straat is van ons » de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IGVM). Cette action a été lancée pour renforcer la représentation et la visibilité des femmes dans l’espace public », raconte Frank.

Les dix visages d’Alice Martha

Le tramway de la Stapelplein a finalement été choisi comme emplacement pour une œuvre de l’artiste gantoise Alice Martha. Elle a réalisé un graffiti géant mettant en avant des femmes gantoises qui ont joué un rôle de pionnières dans la lutte pour l’égalité des genres. « J’ai créé une œuvre représentant dix femmes gantoises qui se sont battues pour les droits des femmes. J’ai également ajouté des visages moins connus fin de souligner le caractère collectif de la lutte pour l’égalité », explique Alice. « Pendant la réalisation de l'œuvre, j'ai régulièrement été interpellée par des passants. J'ai ainsi senti que l'œuvre commençait déjà à prendre vie dans le quartier avant même d'être terminée. Pour moi, ce fut une expérience unique de pouvoir apporter ma petite contribution à ma ville. »

Aujourd'hui, vous pouvez encore admirer le tram à la Stapelplein à Gand, en attendant un prochain déménagement et une éventuelle nouvelle affectation.

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gentspoort.be | alicemartha.be
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