Comment huit géants de béton font bouger la Flandre
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Huit éléments de tunnel colossaux de 60 000 tonnes ont effectué en 2025 un voyage spectaculaire par voie maritime, de Zeebruges vers Anvers. Une véritable prouesse ! Mais comment transformer ce transport d'éléments de tunnel en béton en un moment mémorable que toute la Flandre veut suivre de près et qui renforce le soutien au projet ?
Le transport des éléments du tunnel a marqué un moment clé dans la construction du nouveau tunnel sous l'Escaut, un élément crucial du projet Oosterweel. Ce projet de construction constitue une modification majeure du ring d'Anvers, qui sera complètement achevé d'ici 2033. Budget total : 10 milliards d'euros. Un véritable tour de force technique pour les ingénieurs et les planificateurs du maître d'ouvrage Lantis, mais aussi un défi de taille pour l'équipe en charge de la communication. Comment susciter l'intérêt de six millions de Flamands pour un transport aussi unique ?
La réponse : « Kanjers op komst » (« Les colosses arrivent »). La campagne avec laquelle Lantis a emmené la Flandre dans le périple des huit morceaux de tunnel. L'objectif était clair : informer, impliquer, enthousiasmer et susciter du soutien. Pas un simple reportage sur les tonnages et les techniques, mais une histoire qui stimule et surprend.
Du béton à la signification
Ce n'est pas pour rien que la liaison Oosterweel est qualifiée de « chantier du siècle ». Pour ceux qui y travaillent, l'ampleur du projet est évidente. Pour le monde extérieur toutefois, elle est presque inconcevable. « On ne peut pas s'attendre à ce que les gens s’enthousiasment spontanément par du béton et de l’acier », explique Laure Stuyck, responsable de la communication et porte-parole chez Lantis. « Il fallait donner vie au projet et lui donner un sens concret. »
La campagne a trouvé cette signification en un seul mot : « colosses ». Pas simplement huit blocs de béton, mais huit sections colossales de tunnel qui, ensemble, forment une nouvelle liaison. En coulisses, cela a été rendu possible par des centaines de géants en chair et en os. Un déplacement technique s'est ainsi transformé en une histoire que la Flandre a suivie épisode après épisode.
Une communication à la mesure du projet
Pour la première fois, la liaison Oosterweel a pu se positionner comme un projet flamand, et non plus seulement comme un projet d'Anvers et pour Anvers.
« La clé consistait à susciter de la fierté, ce sentiment que cela se passe chez nous, en Flandre, que cela nous appartient à tous », explique Laure.
Sous la bannière « Les colosses arrivent » (« Kanjers op komst »), des reportages vidéo, des récits sur les réseaux sociaux et des visuels puissants ont permis de rendre compte de l'ampleur du projet. La campagne a joué avec ce principe : ne pas submerger le public de chiffres, mais lui offrir des métaphores et des images impressionnantes. Par exemple avec des comparaisons pour permettre à la population de se représenter le projet selon ses propres connaissances : une partie du tunnel « plus longue que la cathédrale d'Anvers » ou « plus grande qu'un terrain de football ».
L'utilisation d'images générées par l'IA au début de la campagne a été remarquable. Ces images ont permis de saisir la grandeur de l'ouvrage d'une manière que la photographie classique avait du mal à rendre compte. Sans être un objectif en soi, cet outil a renforcé le sentiment de grandeur. « Nous avons délibérément évité d'être trop techniques », souligne Laure. « La fierté était au centre, et non le conceptuel avec du jargon. »
La Flandre a suivi l'événement
La campagne proposait différentes façons de suivre l'opération : livestreams, points d'observation et mises à jour via les réseaux sociaux. Des milliers de personnes ont vu les colosses se frayer un chemin jusqu'à Anvers, tandis que les médias relayaient largement l'événement. Les présentateurs de journaux télévisés ont repris le mot « colosses », et les journaux l'ont également utilisé sans parcimonie dans leurs titres.
La combinaison de l'expérience en direct, de la visibilité médiatique et d’annonces ciblées sur les réseaux sociaux a créé une expérience publique particulière. Un transport complexe s'est transformé en une histoire que tout le monde pouvait suivre et comprendre. C'est exactement l'impact que vise une communication projet bien pensée.
Le voyage et la mise sous eau des sections du tunnel n'étaient qu'un épisode dans l'histoire du tunnel sous l'Escaut. Si les cyclistes ne pourront l'emprunter qu'en 2028 et s’il ne sera ouvert aux automobilistes qu’en 2030, « Kanjers op komst » a déjà donné le ton pour une communication plus ambitieuse, captivante et surtout fédératrice. Ou, comme le résume Laure : « Le tunnel sous l'Escaut est peut-être en béton, mais l'histoire qui se cache derrière est celle de la connexion. C'est finalement cela qui compte dans la communication. »
1. Traduisez le grandiose en termes humains. Les comparaisons et les métaphores aident les gens à appréhender l'ampleur impressionnante d’un projet.
2. Adaptez la communication à l'échelle du projet. Les projets ambitieux exigent des stratégies de communication ambitieuses, avec des moyens à la hauteur et un récit qui reste gravé dans les mémoires.
3. Expérimentez consciemment de nouveaux outils. L'IA et d'autres moyens ne sont pas une fin en soi, mais peuvent donner l'étincelle qui permet aux gens de vraiment réaliser à quel point quelque chose est unique.
4. La collaboration est cruciale. En intégrant étroitement la communication à la planification et à l'exploitation, les informations peuvent être partagées rapidement et correctement.
5. Utilisez plusieurs canaux en parallèle. Tirez parti de la puissance de différentes plateformes pour générer une sensibilisation numérique, activez le chantier avec des panneaux d'information et diffusez largement des messages via la presse.
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